Un centimètre plus bas et flop, elle mange la boue. Vas-y, je vais quand même pas me faire chier à l’ajuster. Tu vois pas que je suis un mec qui s’en fout, qui pose sa casquette en deux-deux, là, n’importe comment, un keum qui a pas le temps pour ces trucs là ?

C’est la borderline touch. La vie sur le fil du rasoir. Le flirt de chaque instant avec le précipice. Deux heures d’essais devant la glace pour trouver la juste inclinaison, deux heures encore pour arriver à la juste mimique d’indifférence au couvre-chef adoré. Vas-y, toi au milieu, avec tes fringues pourraves. Tu vois pas que j’arrive ?

Au dessous le corps gère. Déroule ses mouvements fluides, athlétiques. Taquine lui aussi la chute. Défie le sol que les lois de la gravité voudraient lui faire mordre. Se laisse tomber, avant de ramener au dernier moment une guibole paresseuse, boitillante. Tout ça, c’est le plus fort, sans un coup d’œil au bout de tissu posé sur le crâne. Ah bon j’ai sur la pointe du crâne une casquette NY ? Ah bon ma casquette NY bling bling est sur le point de se casser la gueule ? T’inquiète, frangin. Je contrôle, je te dis !